VIVE L’INSURRECTION OUVRIERE ET POPULAIRE EN BOLIVIE !
POUR UN COMITE DE SOUTIEN AUX LUTTES OUVRIERES ET POPULAIRES BOLIVIENNES !
Le président Sanchez de Lozada (Goni) a démissionné hier et s’est envolé pour Miami, renversé par l’insurrection ouvrière et populaire, après plus d’un mois de crise politique et sociale aiguë. La grande majorité du peuple opprimé et extrêmement pauvre s’est organisée afin de répondre à la vente de gaz aux Etats-Unis et au Mexique. Il n’est plus concevable pour le peuple bolivien que les gouvernements qui se suivent bradent leurs ressources naturelles.
Face à ce mouvement populaire, le gouvernement de Goni et son vice-président Carlos Mesa (actuel président) a décidé, dès le départ, de répondre par une répression féroce, active et sans répit. Dès la mi-Septembre, il massacrait à Warisata, puis à El Alto. Aujourd’hui on dénombre plus d’une centaine de morts parmi les manifestants.
La Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) a appelé il y a plus de 3 semaines à une grève générale indéfinie qui au fil des jours s’est étendue. Des comités de voisinage, les différentes organisations de travailleurs (Centrale Ouvrière Régionale (COR) ou départementale (COD)), notamment de la ville de El Alto, ont organisé plusieurs manifestations de dizaines de milliers de travailleurs, paysans et étudiants jusqu’au siège du gouvernement afin de demander la démission du président Sanchez de Losada, ‘El Gringo’. Ces manifestations ont culminé jeudi avec plus de 250.000 personnes défilant dans les rues de La Paz.
La ville de El Alto, épicentre de l’insurrection ouvrière et populaire s’est transformée au cours de l’insurrection en un champ de bataille où le peuple bolivien a lutté héroïquement en transformant chaque coin de rue en barricade pour résister à la répression tout comme à Cochabamba, Potosi, Sucre ou Oruro. La COB a déjà annoncé qu’elle n’entendait pas laisser Mesa gouverner à sa guise et a rendu public un programme de revendications.
Pour appuyer activement les travailleurs et les paysans boliviens, il faut que nous organisions ici à Paris, comme cela a déjà été fait à Buenos Aires et São Paolo, un comité d’appui aux luttes ouvrières et populaires boliviennes. Nous appelons les organisations syndicales françaises, les associations populaires, partis et groupes d’extrême gauche ainsi que les travailleurs et étudiants solidaires à soutenir inconditionnellement leurs frères de classe boliviens qui ont combattu héroïquement et auront encore à se battre sur les barricades et dans les rues, et à former un tel comité sur les bases les plus larges possibles :
Pour la victoire de l’insurrection ouvrière et populaire !
Non à toute intervention des USA, l’OEA et de l’Union Européenne.
Fraction Trotskyste (France), organisation sœur de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire-Quatrième Internationaliste (Liga Obrera Revolucionaria-Cuarta Internacionalista) de Bolivie.
Paris le 18 octobre 2003.